vendredi 25 décembre 2015

La Chine et le Vietnam signent un accord de coopération parlementaire

AMIS MAINTENANT
French.xinhuanet.com | Publié le 2015-12-25 à 09:36

(Xinhua/Pang Xinglei)

BEIJING, 25 décembre (Xinhua) -- Zhang Dejiang, président du Comité permanent de l'Assemblée populaire nationale (APN, parlement chinois), a appelé jeudi la Chine et le Vietnam à renforcer la confiance politique mutuelle et à maintenir les relations bilatérales sur la bonne voie. M. Zhang a fait ces remarques à Beijing lors de son entretien avec le président de l'Assemblée nationale vietnamienne, Nguyen Sinh Hung. Au cours de leurs discussions, MM. Zhang et Hung ont signé un accord de coopération entre les deux assemblées. Le renforcement de la solidarité et de l'amitié entre la Chine et le Vietnam et l'approfondissement de leur coopération mutuellement bénéfique sont dans l'intérêt commun des deux pays, a indiqué M. Zhang. Selon lui, le deux pays doivent renforcer la communication stratégique et contrôler de manière appropriée leurs différends, afin de maintenir leurs relations sur la bonne voie. La Chine et le Vietnam doivent promouvoir l'alignement de leurs stratégies de développement et faire progresser la coopération dans le cadre de l'initiative chinoise "La Ceinture et la Route" et du plan vietnamien "Deux Corridors et un Cercle économique", a-t-il souligné. La signature de l'accord de coopération entre l'APN et l'Assemblée nationale vietnamienne renforcera davantage les relations amicales entre les deux organes législatifs, a ajouté M. Zhang. Il a appelé les deux parlements à partager leurs expériences dans la promotion de la réforme et le renforcement de l'état de droit, afin de créer un environnement juridique favorable pour la coopération pragmatique bilatérale. M. Hung a déclaré que la force et la stabilité de la Chine avaient offert des opportunités de développement au Vietnam et contribuaient à la paix et au développement dans la région. Le Vietnam est prêt à travailler avec la Chine pour élargir la coopération mutuellement bénéfique et contrôler efficacement les différends, dans le but de tisser une amitié éternelle, a-t-il affirmé. L'Assemblée nationale vietnamienne appliquera l'accord de coopération avec l'APN et jouera un plus grand rôle dans la promotion de l'amitié entre les deux pays, a-t-il ajouté. M. Hung effectue une visite en Chine de mercredi à samedi à l'invitation de Zhang Dejiang.
 

lundi 21 décembre 2015

La Chine veut intégrer l’Iran dans la Nouvelle route de la soie

Karel Vereycken

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Alors qu’en France, nous sommes invités à passer nos longues journées dans des "bus Macron", la Chine augmente constamment sa productivité en étendant ses projets d’infrastructures au niveau mondial.
Crédit : Reuters
La levée des sanctions contre l’Iran ouvre bien des perspectives, et pas seulement pour les Occidentaux. Saisissant cette « fenêtre d’opportunité », la société d’État chinoise China Railway Corporation (CRC) a proposé le mois dernier la construction d’une ligne de trains rapides reliant la Chine occidentale à l’Iran, un de ses partenaires majeurs au Moyen-Orient. C’est ce qu’annonce le quotidien gouvernemental China Daily.
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Long de 3200 km, ce tronçon permettrait de relier Urumqi, la capitale de la province chinoise Xinjiang, à la capitale iranienne Téhéran. Le train marquerait des arrêts à Almaty au Kazakhstan, Bichkek au Kirghizstan, Tachkent et Samarkand en Ouzbékistan et Achgabat au Turkménistan. Les trains transporteront des passagers à 300 km/h et du fret à 120 km/h, un progrès immense comparé aux vitesses actuelles. Cette ligne rapide viendrait complémenter le réseau existant dans la région, a confirmé He Huawu, l’ingénieur-en-chef de CRC. Pour lui, le moment est venu d’en finir avec l’incompatibilité qui existe aujourd’hui entre l’écartement large des voies dans cette région (1m52) et celui employé en Chine et dans 60 % du monde (1m43). Une voie avec un écartement identique, affirme ce responsable, mettrait fin aux longues attentes à certaines frontières.

Nouvelle route de la soie

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Nouvelle Solidarité N°18/2014. Pour s’abonner.
Pour la Chine, intégrer l’Iran dans son projet de Nouvelle route de la soie (également connu sous le nom anglaisOne Belt, One Road - OBOR), relève avant tout d’une importance économique. Bien que cette proposition ne soit pas encore officielle, elle n’est que la dernière de toute une série de projets conçus pour améliorer la connectivité de la Chine grâce à des investissements conséquents dans les routes, les chemins de fer, les aéroports et les pipelines. « Pour la Chine, l’occasion de construire des lignes de trains rapides dans d’autres pays est stratégiquement attractif car cela s’intègre dans ses efforts pour éloigner son économie des productions bas de gamme », a confié Rajiv Biswas, économiste en chef pour l’Asie Pacifique du groupe IHS à l’agence de presse allemande Deutsche Welle.« A long terme, en tant que fournisseur majeur de gaz et de pétrole, l’Iran a un rôle majeur à jouer pour la sécurité énergétique de la Chine », précise Biswas. « La Chine a maintenu ses relations commerciales avec l’Iran en dépit des sanctions et les sociétés chinoises y ont massivement investit dans l’industrie, des biens de consommations à l’énergie en passant par l’automobile », affirme pour sa part Michal Meidan, un expert du Chatham House britannique.

Énergie et au-delà

Par le passé, l’Iran couvrait jusqu’à 13 % des besoins chinois en pétrole, ce qui en faisait le troisième fournisseur. Cependant, avec les sanctions, l’Iran s’est retrouvé en 5e position, après l’Arabie Saoudite, l’Angola, la Russie et Oman. Depuis l’annonce en juillet 2015 de l’accord historique sur le nucléaire, les importations chinoises ont remonté à 9 % du total. De 555 000 de barils par jour en 2014, les exportations iraniennes vers la Chine sont passées à 573 000 de barils par jour en 2015. Ensuite, une part importante des revenus pétroliers iraniens ont été déposés dans les banques chinoises. Y compris avec la levée des sanctions, une part importante de ces dépôts, de l’ordre de plusieurs dizaines de milliards de dollars, ne retournera pas en Iran mais ira pour régler l’achat par l’Iran de biens chinois. A cela s’ajoute enfin la nature stratégique des relations sino-iraniennes. La compréhension chinoise du rôle de l’Iran en tant que puissance historique et culturelle au Proche-Orient a conduit les deux pays à approfondir leurs relations, notamment au niveau des ventes d’armes. Il existe également une convergence en termes de politique étrangère par rapport aux crises stratégiques en Afghanistan et en Syrie. La Chine est depuis longtemps un fournisseur d’armes de l’Iran alors que pour ce dernier, le fait que la Chine est un membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU, la met en position de référence diplomatique de premier plan. Par ailleurs, une fois les sanctions levées, l’Iran sera également éligible en tant que membre de plein droit de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS).

Relations sino-iraniennes

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Le Président chinois Xi Jinping avec le Président iranien Hassan Rouhani.
Crédit : Xinhua
Bien que le Président Xi Jinping soit attendu depuis longtemps à Téhéran, Beijing espère ménager l’Arabie saoudite avant d’annoncer une visite d’État. De leur coté, certains Iraniens craignent une domination chinoise, notamment à cause du volume des biens chinois importés. Et depuis que les sociétés chinoises ont ralenti certains de leurs investissements dans le secteur énergétique par crainte des sanctions américaines, Téhéran a répliqué en gelant certains projets en Chine. C’est l’accord sur le nucléaire iranien qui marque un tournant et rebat les cartes. Tant que l’Iran était en conflit avec Washington et l’Europe, les relations sino-iraniennes se consolidaient. Avec l’ouverture aux Occidentaux, la position chinoise pourrait s’affaiblir devant l’arrivée des sociétés occidentales dans des secteurs où l’isolement iranien avait donné un accès privilégié aux chinoises. Le rôle de l’Iran est unique dans le sens où sa position géographique la rend un intermédiaire incontournable, aussi bien pour la Nouvelle route de la soie terrestre que pour la version maritime. « A long terme », affirme le Dr Hui Ching, directeur de recherche de l’Institut Zhi Ming de Hong Kong, « la construction et le fonctionnement de cette ligne de chemin de fer n’est pas seulement dans l’intérêt stratégique de la Chine, mais servirait également ces intérêts géopolitiques et ses besoins économiques (…) Étant donné les alliances militaires des États-Unis et ses collaborations dans l’Asie Pacifique, Beijing cherche des marchés, des ressources et des partenaires stratégiques, aussi bien en Asie centrale qu’au Moyen-Orient. Pour la Chine, regarder vers l’ouest dans les décennies à venir est donc un choix logique et inévitable » a conclu l’expert. http://www.solidariteetprogres.org/chine-iran-tgv.html
 

vendredi 18 décembre 2015

Eurasie : Implantation d'entreprises chinoises en Russie

La Russie et la Chine ont signé un mémorandum prévoyant la participation d'investisseurs chinois au développement de l'Extrême-Orient russe. Lire la suite: http://fr.sputniknews.com/economie/20151218/1020385638/implantation-entreprises-chinoises-en-russie.html#ixzz3uh2K7XbO


jeudi 10 décembre 2015

Trans-Eurasian Belt Development - Londres-Moscou-New York en voiture.. ce n'est plus une utopie

Le TEPR pour Trans-Eurasian Belt Development (TEPR) avec ses 20 000 km sera la plus longue route du monde en continu, un projet pharaonique compte tenu des obstacles à franchir notamment la couverture des 88 kms du Détroit de Béring qui relie les deux continents.

Par Alpha B.

Trans-Eurasian Belt Development : Londres/New York en passant par Moscou et l'Alaska... © DR
Trans-Eurasian Belt Development : Londres/New York en passant par Moscou et l'Alaska... © DR
Londres/New York en passant par Moscou et l'Alaska... Ce projet a été dévoilé par Vladimir Iakounine, président du système ferroviaire russe et proche de Vladimir Poutine, à l'occasion d’une réunion à l’Académie des Sciences de Russie.

VOIR :  Vers le tunnel sous Béring ?


  Le projet prévoit la construction d’une voie rapide traversant la Russie qui longerait l’actuelle route du Transsibérien et serait reliée à diverses routes existantes en Europe de l’est et en Asie. Outre cette autoroute (et sans doute une ligne de train à grande vitesse), le plan de développement prévoit la construction de pipelines et la création de villes nouvelles. Pour Vladimir Iakounine c'est un projet plus que jamais vital et « Grâce à cette route, la Russie deviendra un centre pour la conception et le développement de très hautes technologies. Ce réseau de transport global lui donnera une position centrale. (...) C’est un projet inter-États et inter civilisations. L’ensemble est appelé à devenir une “zone du futur”. » Toujours selon Vladimir Iakounine, le TEPR va coûter « plusieurs centaines de milliards, mais les retombées économiques seront si immenses qu’elles couvriront largement l’investissement ».

samedi 5 décembre 2015

Route de la Soie balkanique - une guerre hybride pour balkaniser… les Balkans ?

A l’Est, les pays européens s’émancipent… mais Washington veille au grain
Par Andrew Korybko – Le 29 novembre 2015 – Source South Front Dans l’esprit de la Nouvelle Guerre Froide et à la suite de leur élimination réussie du projet South Stream, les Etats-Unis ont donné la priorité à l’obstruction du projet russe d’oléoduc Balkan Stream, et jusqu’à présent, il y ont malheureusement réussi. Le premier défi aura été la tentative de révolution de couleur en Macédoine, en mai 2015, qui heureusement a été contrée par les citoyens de ce pays. L’étape suivante sur le calendrier était la tourmente politique qui a failli faire chavirer de la Grèce, à la suite du référendum anti-austérité, l’idée étant que si Tsipras était viré, alors le Balkan Stream aurait été remplacé par un projet plus favorable aux Américains, le projet Eastring. Une fois encore, les Balkans ont montré qu’ils résistaient et les combines américaines ont été repoussées, mais c’est à la troisième tentative, plus directe, que le projet a été tué dans l’œuf et mis indéfiniment en sommeil.
Satellite view of the Balkans. Source: http://www.zonu.com/
Photo satellite des Balkans. Source: http://www.zonu.com/
A la une, à la deux… à la trois ! L’apogée a été atteinte le 24 novembre, quand la Turquie a abattu un bombardier tactique russe opérant au-dessus du territoire syrien contre les terroristes, et quele projet a été touché de plein fouet, dans une prévisible réaction en chaîne qui a gelé les relations entre la Russie et la Turquie. Comme il était évident que la coopération dans le domaine énergétique entre les deux pays serait rendue impossible par ces tensions, on imagine que les États-Unis ont délibérément poussé la Turquie à faire tomber les dominos en file, sabordant ainsi projetBalkan Stream. Si les choses se sont passées ainsi (et cela paraît très vraisemblable), cela ne veut pas dire que le projet est annulé, il serait plus judicieux de dire qu’il a été mis temporairement sous cocon. La Russie ne va sans doute pas aller dans le sens d’un adversaire qui se montre aussi ouvertement agressif avec elle, mais je pense que cela n’est vrai que pour le gouvernement actuel, dans le contexte d’aujourd’hui. On peut imaginer qu’un retournement de la position turque (même si c’est peu probable dans les mois qui viennent) pourrait amener à ressortir le projet des cartons. Le scénario le plus probable étant que les nombreux mécontents et / ou les militaires inquiets ne renversent le gouvernement. Un retournement turc ? Ces deux possibilités ne sont pas si improbables quand on voit le mécontentement croissant contre le pouvoir autocrate d’Erdogan et les positions risquées dans lesquelles il met son armée. On connaît bien le mécontentement d’un nombre croissant de Turcs (dans le contexte de la montée irrépressible de l’insurrection kurde), mais ce dont on a moins parlé, c’est de la situation délicate que doivent affronter les forces armées turques aujourd’hui. Comme l’auteur l’a écrit en octobre, l’armée turque doit disperser ses forces, dans ses opérations contre les Kurdes dans un large sud-est du territoire, pour sécuriser le territoire turc face à État islamique et aux attaques terroristes d’extrême-gauche, intervenir ponctuellement dans le Nord de l’Iraq, et rester en alerte le long de la frontière syrienne. C’est un fardeau que n’importe quelle armée aurait du mal à assumer, et l’une des dernières choses dont les responsables auraient besoin, serait d’y ajouter une menace, largement imaginaire et complètement inutile, de la part de la Russie, concoctée par Erdogan lui-même. Cette pression pourrait bien se révéler trop forte pour eux, et, considérant les intérêts supérieurs de la sécurité nationale, comme leur rôle constitutionnel de sauvegarder l’intégrité territoriale de l’État, ils pourraient s’organiser pour renverser Erdogan, malgré toutes les mesures d’intimidation qu’il a prises durant la dernière décennie pour se prémunir de ce risque. Quel va être le coup suivant ? Il y a une véritable chance que le projet Balkan Stream ne soit pas gelé et qu’il soit relancé bientôt, car il est trop important, stratégiquement, à la fois pour la Russie et pour la Turquie, pour le laisser dans les tiroirs indéfiniment. Il est tout à fait possible qu’un changement politique intervienne en Turquie, il est peut-être déjà dans les projets des décideurs actuels et plus probablement encore après un nouveau coup d’État, bien qu’il soit trop tôt pour dire de quel côté, vers la Russie ou vers les États-Unis, le nouveau pouvoir pencherait dans ce dossier. Et donc, chaque grande puissance avance ses pions avec pour stratégie l’idée d’une assurance géopolitique, et tous regardent vers la Route de la Soie Balkanique de la Chine. Vu de Washington, les États-Unis doivent poursuivre sans relâche la déstabilisation des Balkans, jusqu’à ce que le projet russe soit définitivement arrêté, ensuite il faudra faire de même avec le projet chinois. Aussi longtemps que la Route de la Soie Balkanique continuera de se construire, la Russie gardera une force d’attraction multipolaire via son partenaire, grâce à laquelle elle pourra développer l’influence qu’elle a cultivée si longtemps. Si le projet Balkan Stream se poursuit, la Russie peut prendre le train en marche, si elle n’y était pas déjà, et joindre ses forces stratégiques avec celles de son allié chinois, comme initialement prévu : voilà le cauchemar des États-Unis, aussi est-ce pour cela qu’ils relancent une guerre hybride dans une tentative désespérée d’enterrer ce projet de Route de la Soie Balkanique. L’importance de la Grèce dans les projets d’oléoducs Comme on l’a déjà signalé, l’approche russe est de se concentrer plus sur les diversifications économiques, militaires et politiques qui sont supposées accompagner l’infrastructure énergétique qu’il a été décidé de construire. Plutôt que de considérer l’oléoduc comme l’épine dorsale des Nouveaux Balkans, il semble que ce rôle revient à la ligne ferroviaire à grande vitesse – la Route de la Soie Balkanique – mais de toutes façons, c’est un méga-projet multipolaire qui devrait faire rayonner l’influence russe dans la région. Dans sa configuration présente, la Russie est plutôt au second plan par rapport à la Chine dans les décisions concernant la construction des infrastructures, mais en même temps, elle est devenue indispensable à la Chine. Pékin n’avait guère, avec les pays de la région, que des liens purement économiques (et encore, ceux-ci étaient relativement nouveaux), aussi l’implication prioritaire de la Russie dans ce projet et ces investissements le long de la Route de la Soie Balkanique (qui devrait longer le Balkan Stream et partager donc les mêmes investissements) aide à renforcer le soutien régional et local pour ce projet, en présentant un visage ami et connu, avec qui les décideurs locaux ont l’habitude de travailler. On ne dira pas que la Chine est incapable de mener seule ce projet à bien, ni qu’il n’y avait pas de support légitime dans les Balkans pour une telle initiative, mais la participation de la Russie en première ligne rassure les élites locales qu’un partenaire de civilisation semblable et très influent est avec eux et fait monter ostensiblement les enjeux, démontrant sa confiance dans un succès tenu pour probable. Pékin, la dernière chance pour les Balkans On le sait depuis longtemps, le partenariat stratégique Russie-Chine a pour objectif de révolutionner le continent européen en y injectant une influence nouvelle, multipolaire, le long du Corridor des Balkans, qui doit accueillir le Balkan Stream et la Route de la Soie Balkanique. Malheureusement, de leur côté, les États-Unis ont réussi, jusqu’à maintenant, à freiner le Balkan Stream, ce qui veut dire que la Route de la Soie Balkanique est maintenant le seul méga-projet multipolaire viable dans la région. Et par conséquent, c’est la Chine, plutôt que la Russie, qui porte le flambeau de la multipolarité dans les Balkans, bien que Pékin dépende en partie de l’influence traditionnelle de la Russie dans la région, pour aider à sécuriser cet objectif géostratégique commun et à le concrétiser. De toutes façons, la Route de la Soie Balkanique est plus importante que le Balkan Stream pour le moment, et donc il est intéressant de porter une attention plus précise à ses implications stratégiques pour mieux saisir en quoi il représente pour les Balkans le dernier espoir multipolaire. Fondements institutionnels Cela fait deux ans que le concept de la Route de la Soie Balkanique a été posé, et il trouve ses origines dans la politique chinoise dite Nouvelle Route de la Soie, qui construit une infrastructure de communications de taille mondiale. Cette orientation a été adoptée pour créer des opportunités pour les investissements chinois à l’étranger et pour aider des régions entières dans leurs efforts de libération et d’évolution vers un monde multipolaire. Pour en revenir aux Balkans, la Route de la Soie Balkanique est la manifestation régionale de cet idéal, et c’est aujourd’hui le plus important engagement de la Chine avec les pays de l’Europe centrale et orientale. Le cadre de leurs échanges a été formalisé en 2012 lors du premier sommet entre la Chine et les pays centre- et est-européens (CEEC) à Varsovie, et un deuxième sommet deux ans plus tard à Belgrade a proposé l’idée d’une ligne ferroviaire à grande vitesse Budapest – Belgrade – Skopje – Athènes (une première image concrète de ce qu’est la Route de la Soie Balkanique), dans le but d’approfondir les interconnections économiques des deux côtés. Le Sommet de Suzhou, en 2015, a fixé une feuille de route de moyen-terme pour 2015-2020, qui, entre autres choses, propose la création d’un établissement de financement paritaire pour assurer les crédits et les investissements pour ce projet et d’autres semblables. Il donne également une description officielle de la Route de la Soie Balkanique comme étant la Ligne Terrestre et Maritime Chine – Eurasie et a suggéré qu’elle soit intégrée à terme au Nouveau Corridor Economique Eurasien, ce qui veut dire que Pékin aimerait que les pays coopèrent d’une façon plus pragmatique avec la Russie (et dans ce cas, c’est surtout de la Pologne qu’il s’agit). A noter : l’agence Xinhua a rapporté que les participants se sont mis d’accord pour compléter l’étape Budapest – Belgrade en 2017. Contexte stratégique Tout cela montre que la Chine a accéléré ses relations diplomatiques, économiques et institutionnelles avec l’Europe du Centre et de l’Est en l’espace de seulement deux ans, devenant, de manière imprévisible, l’un des premiers acteurs dans cette région située à ses antipodes et faisant théoriquement partie d’un bloc adversaire, unipolaire. Cela peut s’expliquer juste par l’attraction économique, qui dépasse les clivages politiques, aussi bien que l’ambition complémentaire que le super-géant asiatique a d’étendre et de renforcer sa présence mondiale. Ensemble, ces deux facteurs se combinent en un formidable élément de la grande stratégie chinoise, qui s’efforce d’attirer ses partenaires (spécialement ceux qui appartiennent au bloc unipolaire) par des appâts économiques, pour les mener à un renversement géopolitique à long terme. Pour en revenir à la Route de la Soie Balkanique, elle représente le premier véhicule que Pékin envoie pour accomplir sa stratégie de long terme, et une raison géo-économique dont on va expliquer plus loin le fonctionnement. Avant d’y venir, il est bon de se souvenir de ce que l’on a intitulé plus haut [dans le livre d’où cet article tire sa source, voyez à la fin, NdT] comme impératifs pour l’hégémonie américaine, parce que cela explique pourquoi les États-Unis ont tellement peur de l’engagement économique chinois en Europe, qu’ils peuvent aller jusqu’à planifier des guerres hybrides destructrices pour l’arrêter. Toile de fond géo-économique La justification géo-économique de la Route de la Soie Balkanique est évidente, et peut être facilement expliquée en examinant le très large territoire de l’Europe centrale et orientale qu’elle devrait desservir. La péninsule sud-est de l’Europe plonge directement dans ces deux régions, et le nœud de communication de Budapest, en Hongrie, est situé au centre de cette vaste zone. Comme on le voit aujourd’hui, il n’existe aucune voie de communication nord-sud sécurisée qui relie la Hongrie et les marchés alentour (l’Allemagne et la Pologne) aux ports méditerranéens de la Grèce, ce qui signifie que le commerce maritime chinois avec ces économies de premier plan doit faire un large détour autour de l’Europe. La Route de la Soie Balkanique change tout cela et raccourcit encore les temps de transport, en passant directement par le port grec du Pirée et par le canal de Suez, aujourd’hui bien adapté aux porte-conteneurs chinois. On gagne ainsi du temps et de l’argent, et tout le monde a intérêt à une telle route, profitable et efficace. A l’avenir, les économies de l’Europe centrale et orientale pourraient expédier leurs produits, en passant par la Russie, vers la Chine, via le Passage Eurasien, mais alors que cela pourrait être intéressant du point de vue des relations du-producteur-au-consommateur, cela est peu intéressant pour les revendeurs exportateurs qui prévoient de ré-expédier les produits en question ailleurs dans le monde. Pour profiter du développement économique en cours en Afrique de l’Est et dans le Sud de l’Asie (que ce soit en vendant sur ces marchés ou en s’y installant), il vaut mieux pour les entreprises se connecter les unes aux autres à un nœud maritime qui leur permet de charger et de décharger rapidement et efficacement leurs produits dans des conteneurs. D’un point de vue géo-économique, le Pirée est parfait pour cela, et c’est le port européen le plus proche du canal de Suez, que l’on doit prendre pour atteindre les destinations en question, avec ou sans transbordement (c’est à dire si les entreprises européennes décident d’exporter directement leurs produits là-bas, sans passer par un intermédiaire chinois). Pour se relier au Pirée, la ligne ferroviaire à grande vitesse – la Route de la Soie Balkanique – est une infrastructure indispensable, et son achèvement réussi amènerait une part importante du trafic européen à être redirigée vers la Chine et les autres dragons, comme l’Inde et l’Ethiopie. Les États-Unis redoutent de perdre leur position de principal partenaire commercial de l’Union Européenne, sachant que ce recul entraînerait très vite, par glissement, un effondrement de leur hégémonie. Vu du côté opposé, la Route de la Soie Balkanique est le seul espoir pour l’Europe de connaître un avenir indépendant, hors d’un contrôle total de l’Amérique, et c’est pourquoi il est absolument indispensable, pour la Russie et la Chine, de mener ce projet à bien. Le déclenchement inévitable d’une Nouvelle Guerre Froide que cela entraîne, et les enjeux extrêmement élevés, signifient que les Balkans demeureront l’un des principaux champs d’affrontement dans une dangereuse guerre par vassaux interposés, en dépit des positionnements et des stratégies très différentes des protagonistes multipolaires. Andrew Korybko est un commentateur politique américain, qui travaille actuellement pour Sputnik. Cet article est tiré d’un chapitre de son dernier livre sur les Guerres Hybrides. Il a été réécrit pour y inclure les dernières nouvelles au sujet de l’apparente suspension du Turkish Stream. Article original paru dans Orientalreview Traduit par Ludovic, édité par jj et relu par Literato pour le Saker Francophone

lundi 30 novembre 2015

Face aux merdias occidentaux, les BRICS vont créer une coalition médiatique

Xinhua
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Les dirigeants de 25 groupes médiatiques des pays membres des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) doivent se réunir le 1er décembre à Beijing pour un événement sans précédent consacré à la promotion de la coopération des médias de ces pays émergents, qui injectera une nouvelle vigueur dans le développement commun du bloc. Sur le thème de "L'innovation, le développement, la coopération et la confiance", ce premier sommet des médias des BRICS portera sur des sujets tels que le rôle des médias dans la promotion d'un partenariat international plus étroit, l'approfondissement des échanges et de la coopération des médias des BRICS ainsi que la façon avec laquelle les médias traditionnels et les nouveaux médias se complètent et divergent. Le sommet des médias des BRICS vise à combler une lacune dans la coopération des BRICS. Au cours de la dernière décennie, de nombreux pays en développement ont enregistré une croissance économique robuste et, collectivement, ont commencé à jouer un rôle de plus en plus important sur la scène mondiale. Ce bloc a non seulement stimulé la croissance économique dans les Etats membres et généré conjointement environ un cinquième du PIB mondial, mais a également contribué de nouvelles idées et stratégies pour la gouvernance mondiale. Jusqu'à présent, les cinq principales économies émergentes ont formé un mécanisme de coopération multiniveaux couvrant un large éventail de domaines, le dernier événement marquant étant le lancement de la Nouvelle banque de développement (NDB), une institution financière multilatérale destinée à financer des projets d'infrastructure des membres des BRICS et d'autres nations en développement. Cependant, comparé aux résultats fructueux des BRICS dans la coopération économique, la coopération entre les médias parmi les membres fait figure de parent pauvre. Malgré les échanges fréquents entre les groupes médiatiques au niveau bilatéral, il n'y avait aucun cadre multilatéral destiné à améliorer la coopération des médias au sein du bloc. Ce premier sommet des médias des BRICS, initié par Xinhua et organisé conjointement par Brazil Communication Company, Russia Today International Agency, The Hindu Group et Independent Media d'Afrique du Sud, illustre aussi la détermination des nations des BRICS à renforcer leur coordination face à une nouvelle vague de Cassandre qui veulent jouer sur les troubles économiques au sein du bloc. Chacun d'eux étant une composante importante du "soft power" de leur pays, ces grands médias qui participent au sommet de Beijing doivent adopter une approche plus constructive lorsqu'ils diffusent des nouvelles venant d'autres pays membres des BRICS. De plus, ils doivent s'inspirer activement des exemples de coopération réussie au sein des BRICS de façon à dissiper les doutes sur l'avenir du bloc et à aider à créer un environnement favorable au développement futur des BRICS dans leur ensemble. Une meilleure communication entre les organisations médiatiques des BRICS pourrait aider à faire avancer la coopération au sein du bloc et à promouvoir l'amitié entre les peuples. Il est à espérer que les membres des BRICS, avec la coopération de leurs médias, ouvriront de nouveaux horizons de coopération entre eux et continueront de mieux faire connaître le bloc dans les milieux économiques et au delà.

vendredi 23 octobre 2015

La Russie appelle les BRICS à défier le monopole américain dans les technologies de l’information

LA SUITE.....

mercredi 21 octobre 2015

Géorgie - forum Route de la Soie

À propos du Forum Route de la Soie

La Route de la Soie ... pour beaucoup ces mots sont associés avec les caravanes chargées d'épices et de la soie en provenance de Chine circulant sur les déserts, des steppes, des forêts et des montagnes tout le chemin vers l'Europe et des îles britanniques. Caravanes ont disparu, mais la route de la soie persiste. Les trains de chameaux ont été remplacées par des autoroutes modernes, des voies ferrées, des pipelines à travers laquelle «soie et des épices" moderne:

l'énergie, les ressources naturelles, les produits manufacturés, les peuples et les idées voyagent.Cette nouvelle route de la soie peut devenir une ressource inépuisable pour le développement économique et la stabilité politique de nombreux pays déployant ses avantages de économique et commerciale à des facteurs culturels et sociaux.

"Tbilissi Forum Route de la Soie» est une initiative lancée par le Premier ministre de la Géorgie et organisée par le Ministère de l'Economie et du développement durable de la Géorgie et le ministère des Affaires étrangères de la Géorgie, soutenu par le gouvernement de la République populaire de Chine et l'asiatique de développement Banque. Cet événement vise à établir une plate-forme pour la réunion annuelle de haut niveau de tous les Etats et organisations internationales intéressés, afin d'explorer les possibilités, aligner visions et renforcer la collaboration dans quatre principaux domaines de coopération: les transports, l'énergie, le commerce et contacts business-to-business. Le Forum mettra en vedette les adresses par des conférenciers distingués et fournira une plate-forme pour les dirigeants d'entreprises et les responsables politiques de partager leurs opinions, leurs expériences et leur expertise. Pour résumer, nos objectifs pour le Forum sont simples, pourtant audacieuse:
  • Pour sensibiliser et informer la communauté d'investissement de l'échelle et de gamme de possibilités de coopération dans toute la région
  • Pour faciliter la coopération régionale et le commerce
  • Pour renforcer le partenariat dans: transports, l'énergie, le commerce et les gens -à-personnes contacts
  • Pour tenir compte de l'entraînement de la Géorgie pour l'investissement étranger direct et la croissance économique

http://tbilisisilkroad.ge/uploads/FORUM-2015-last.pdf http://www.tbilisisilkroad.ge/en/agenda/
 

Pendant ce temps, l’Eurasie continue son bonhomme de chemin…

Pendant ce temps, l’Eurasie continue son bonhomme de chemin…
ob_9c96ad_la-russie-et-la-chine-semblent-da-cidaLes projecteurs braqués sur le conflit syrien ne doivent pas faire oublier qu’il se passe des choses sur les autres cases du Grand échiquier eurasien. MacKinder, Spykman, bouchez-vous les oreilles, l’intégration du continent-monde se poursuit, inexorable. Derrière l’écume événementielle, des informations moins clinquantes mais autrement importantes symbolisent cette lame de fond qui rapproche les différentes puissances et civilisations eurasiennes, signant à terme l’arrêt de mort de la puissance américaine.

L’Union Economique Eurasienne (Russie, Kazakhstan, Arménie, Biélorussie, Kirghizstan, Tadjikistan) commence doucement mais sûrement à prendre sa vitesse de croisière et, contrairement à la fable contée dans les médias occidentaux, attire un nombre croissant de pays intéressés à signer un accord de libre-échange (de l’Egypte au… Pérou). Dernier exemple en date : Israël ! Certains à Washington doivent sentir un goût bien amer dans la bouche…

Au sein même de l’Union, le dollar (et l’euro pour bien faire) seront exclus des transactions tandis que les experts planchent déjà depuis plusieurs mois sur la manière de combiner l’organisation et les nouvelles Routes de la soie chinoises à destination de l’Europe et du Moyen-Orient (Pékin et Moscou ont donné leur feu vert, ne restent plus que les détails techniques). Chine justement. On en parle curieusement beaucoup moins depuis le mini-krach de la bourse de Shanghai intervenu, ô doux hasard, juste après le lancement en fanfare de la BAII qui mettait Washington au supplice. De là à penser qu’une certaine puissance maritime a lancé une guerre financiéro-médiatique contre la future première économie mondiale… Car les journaux ont beau pinailler (7% de croissance, les pauvres), la Chine continue son jogging vers la première marche du podium qu’elle devrait atteindre dans une dizaine d’années (c’est déjà fait si l’on considère le PIB en parité de pouvoir d’achat). Les relations avec Moscou sont au beau fixe, des contrats énergétiques colossaux ont été signés et les pipelines russes surgiront bientôt de terre pour rassasier quelque peu l’ogre chinois… qui entretient également des relations gazières privilégiées avec le Turkménistan. Ces tubes ont un point commun : ils sont hors de portée des Etats-Unis, de plus en plus incapables de contrôler les flux eurasiens donc de peser sur les destinées du continent-monde.

Les stratèges US ont de quoi s’arracher les cheveux puisque même des alliés (pour ne pas dire des pions) comme la Géorgie envisagent de recommencer à se fournir en or bleu auprès de Gazprom. Ce qui, soit dit en passant, prouve une fois de plus le pipeau du gaz caspien à destination de l’Europe, fable vendue par certaines think tanks et relayée par des médias complaisants ou crétins.

Si même les voisins de la Caspienne importent du gaz russe, il faudra nous expliquer de quel chapeau magique va bien pouvoir sortir le gaz pour les pays européens… Quant au premier ministre géorgien, il a lancé un pavé dans la mare atlantiste avec sa proposition d’un Forum de la Route de la soie, visant à participer au grand projet eurasien de Pékin. Avec des amis comme ça, les Américains n’ont pas besoin d’ennemis…

Géorgie qui commence à recentrer sa politique étrangère, Arménie main dans la main avec Moscou depuis toujours et Azerbaïdjan revenu de son mirage occidental :

les Etats-Unis vont-il à terme perdre tout le Caucase ? Qu’il est loin le temps où ils faisaient la pluie et le beau temps à Baku et Tbilissi tandis qu’ils mettaient le feu au Caucase russe via la Tchétchénie… Au fait, désolé Dr Brzezinski mais une ligne ferroviaire commerciale entre la Chine et l’Azerbaïdjan a ouvert et les trains chargés de marchandises chinoises commencent à arriver dans le Caucase.

Tout ceci n’est cependant rien en comparaison de ce qui se prépare avec l’Iran, grande puissance régionale si l’en est, case cruciale de l’échiquier eurasiatique. Si Obama pensait amadouer les ayatollahs avec l’accord sur le nucléaire, il s’est planté en 3D. La marche de Téhéran vers l’alliance sino-russe est inarrêtable. Coopération militaire renforcée avec Pékin, navires iraniens invités en Russie, et bien sûr une position commune sur les grands dossiers internationaux dont la Syrie. L’entrée de l’Iran dans l’OCS n’est qu’une question de temps. Les liens énergétiques entre Téhéran et Pékin sont déjà anciens mais se consolident chaque jour. Ceci en attendant l’oléoduc irano-pakistanais qui verra prochainement le jour, reliant la base chinoise de Gwadar avant, un jour, de remonter tout le Pakistan et rejoindre la Karakoram Highway dans les somptueux décors himalayens. ob_b3f333_gwadar-kashi Pakistan… Pakistan… Ah oui ! encore un pays, un de plus, qui est en train de quitter le camp américain pour rejoindre le grand mouvement eurasiatique.
 

vendredi 16 octobre 2015

La Ceinture et la Route : la Chine et la Bulgarie envisagent de grandes perspectives de coopération (SYNTHESE)

La Ceinture et la Route : la Chine et la Bulgarie envisagent de grandes perspectives de coopération (SYNTHESE)

French.xinhuanet.com | Publié le 2015-10-16 à 19:22

BULGARIA-CHINA-FMS-PRESS CONFERENCE

(Xinhua/Pei Yingbo)

SOFIA, 16 octobre (Xinhua) -- Les dirigeants chinois et bulgare envisagent de grandes perspectives de coopération bilatérale dans le cadre de l'initiative de "la Ceinture et de la Route de la Soie". L'initiative de "la Ceinture économique de la Route de la Soie et de la Route de la Soie maritime du XXIe siècle" a été dévoilée par le président chinois Xi Jinping en 2013. Elle rassemblera des pays d'Asie, d'Europe et même d'Afrique souhaitant stimuler la construction d'infrastructures, la coopération financière et les échanges culturels dans ces régions. Le ministre des Affaires étrangères chinois Wang Yi a rencontré jeudi le président bulgare Rossen Plevneliev et son homologue bulgare Daniel Mitov. M. Plevneliev a évoqué sa visite en Chine en janvier 2014, durant laquelle il avait rencontré le président chinois Xi Jinping et avait annoncé avec celui-ci l'établissement d'un partenariat de coopération amical dans tous les domaines entre les deux pays. Les relations entre les deux pays jouissent de grandes perspectives, a souligné M. Plevneliev, qui a ajouté que la Bulgarie travaillerait avec la Chine pour approfondir la coopération dans le cadre de l'initiative "La Ceinture et la Route" et développerait les échanges dans la culture, l'éducation et le tourisme. M. Plevneliev a indiqué que la Bulgarie appréciait l'amitié mutuelle entre les deux pays et remerciait la Chine pour son soutien de longue date à la Bulgarie. La Bulgarie apprécie grandement la politique étrangère de la Chine en ce qui concerne la coopération gagnant-gagnant, qui profite à la communauté internationale, a déclaré M. Plevneliev. Le Rêve chinois souhaite le développement pacifique de la Chine et la Bulgarie est prête à la suivre dans la poursuite de ce noble objectif, a indiqué le président. La Bulgarie s'emploiera sans relâche à promouvoir la coopération entre les pays d'Europe centrale et orientale (PECO) et la Chine, ainsi qu'entre l'Union européenne (UE) et la Chine, a-t-il ajouté. Le président bulgare s'est déclaré prêt à servir d'envoyé de l'amitié entre la Bulgarie et la Chine et à apporter une contribution positive au développement des relations bilatérales. M. Wang a salué les efforts importants déployés par M. Plevneliev pour promouvoir le développement des relations amicales entre les deux pays. Le président bulgare a assisté à la cérémonie de publication de la version bulgare du livre de M. Xi "Le Rêve chinois de grande renaissance nationale", faisant preuve du soutien indéfectible de la Bulgarie à l'amitié sino-bulgare et démontrant les efforts inlassables chinois visant à explorer une voie de développement qui correspond à ses conditions nationales, a indiqué M. Wang. La Chine travaillera avec la Bulgarie pour mettre en œuvre efficacement le consensus atteint par les deux présidents l'année dernière sur le développement du partenariat de coopération amical global, a promis le chef de la diplomatie chinoise. Lors des entretiens avec son homologue bulgare Daniel Mitov, M. Wang a indiqué que depuis l'établissement des relations diplomatiques sino-bulgares en 1949, les relations bilatérales se sont développées en douceur et sans questions en suspens, et que les deux peuples ont toujours nourri des sentiments amicaux l'un envers l'autre. Les deux parties devraient s'efforcer d'obtenir des résultats plus tangibles dans les relations bilatérales, a indiqué M. Wang. La Chine et la Bulgarie devraient être de bons partenaires avec une confiance et un soutien mutuels, prenant soin des intérêts fondamentaux et des préoccupations majeures de l'un et de l'autre et maintenant la confiance mutuelle politique et leurs intérêts communs, a ajouté M. Wang. Les deux pays devraient approfondir leur coopération dans l'agriculture, les infrastructures, l'énergie et les échanges entre peuples, a-t-il poursuivi. Les deux pays devraient également construire ensemble "La Ceinture et la Route", intégrer leurs propres stratégies nationales de développement et rechercher davantage d'opportunités pour la coopération, a indiqué le ministre chinois. La Chine et la Bulgarie doivent également promouvoir la coopération entre la Chine et les PECO, et la Chine espère que la Bulgarie continuera à jouer un rôle important dans des domaines tels que l'agriculture, l'éducation et la culture, a indiqué M. Wang. Pour sa part, M. Mitov a déclaré que la Chine est le plus important partenaire commercial de la Bulgarie en Asie, ajoutant que son pays travaillera avec la Chine afin de promouvoir conjointement le partenariat de coopération amical global, de maintenir les échanges de haut niveau, d'approfondir la coopération dans des domaines traditionnels tels que l'agriculture, et de contribuer à la construction de "La Ceinture et la Route". La Bulgarie va également travailler avec la Chine pour renforcer leur coopération dans l'énergie et la construction d'infrastructures, promouvoir les échanges dans la culture et le tourisme et améliorer le niveau de coopération entre les PECO et la Chine, a-t-il ajouté.

mercredi 14 octobre 2015

Symposium à Pékin : Helga Zepp-LaRouche présente l’enjeu de la Nouvelle route de la soie

mercredi 14 octobre 2015

 
Comme nous l’avons rapporté sur ce site, l’édition chinoise du dossier de l’Executive Intelligence Review (EIR), La Nouvelle Route de la soie devient le Pont terrestre mondial, a été officiellement présentée par Helga Zepp-LaRouche, la fondatrice del’Institut Schiller, lors d’un symposium sponsorisé par l’Institut Chongyang d’études financières, qui s’est tenu à l’Université de Renmin le 29 septembre 2015.
L’Institut Chongyang est également co-éditeur du rapport en langue chinoise. Cet institut a été fondé il y a quelques années par des diplômés de l’Université de Renmin, et répond à la volonté récemment exprimée par le président Xi Jinping, qui a souhaité voir l’émergence d’un nouveau type de groupes de réflexion pour fournir aux autorités chinoises les meilleures analyses de la situation mondiale, ainsi que des recommandations clé, dans une période où la Chine et le monde s’apprêtent à entrer dans une nouvelle ère de relations internationales. Wang Wen, doyen exécutif de l’Institut Chongyang, ainsi que Fu Jianming, vice-président du Groupe Phoenix Publishing & Media qui a publié la version chinoise du rapport, ont inauguré la conférence de presse, à laquelle ont assisté 70 personnes dont une quinzaine de journalistes.

La genèse d’un nouveau paradigme

Dans sa présentation au symposium, Helga Zepp-LaRouche a décrit son rôle dans la genèse de l’idée aujourd’hui connue en Chine comme « Une Ceinture, une Route ». Elle a expliqué comment elle et son époux, l’économiste américainLyndon LaRouche, ont élaboré toutes une série de programmes de développement dans les décennies qui ont suivi la chute de l’Union soviétique, en vue de relier les différentes régions du continent eurasiatique. Ces programmes comprenaient la réalisation d’un système de voies ferrées à grande vitesse, libérant les pays enclavés de l’Asie centrale qui venaient d’acquérir leur indépendance, ainsi que les vastes régions sous peuplées et sous développées du centre de la Russie, afin de les intégrer dans le courant principal du commerce et des échanges internationaux. Créant, ainsi, un couloir terrestre de développement économique entre l’Europe et l’Asie, que les LaRouche avaient baptisé le « Pont terrestre eurasiatique ». Des discussions avec des représentants du gouvernement chinois au début des années 1990 avaient conduit à l’organisation en 1996 d’une conférence à Beijing, sous les auspices du ministère chinois de la Science et de la technologie, a rappelé Helga Zepp-LaRouche. Lors de cette conférence, à laquelle avaient participé des experts renommés de Chine et de 34 autres pays européens, Mme Zepp-LaRouche avait consacré son intervention sur l’implémentation de ce vaste projet. La crise financière de 1997 en Asie et la crise du rouble de 1998 avaient cependant empêché toute avancée sur ce front. Il a fallu attendre jusqu’en septembre 2013 pour que le président chinois Xi Jinping remette le projet sur la table, dans un discours désormais célèbre prononcé à l’Université Nazarbaïev au Kazakhstan, où il a appelé à la création d’une Ceinture économique de la Route de la soie pour unifier l’Europe et l’Asie. Le concept de Route de la soie ouvre la voie à un nouveau paradigme pour l’humanité, a déclaré Mme Zepp-LaRouche, mettant fin à l’ère de la « géopolitique »qui a causé deux guerres mondiales au cours du 20e siècle. Ainsi l’idée « d’objectifs communs à toute l’humanité », reflétée dans la politique « gagnant-gagnant » de Xi Jinping, prendra la relève. Bien que le terme « Une Ceinture, une Route » ait été choisie par la Chine pour désigner son projet, a souligné Helga Zepp-LaRouche, l’idée de Route de la soie doit être sans cesse rappelée en tant qu’antécédent. « Il faut garder le terme Nouvelle Route de la soie, car elle exprime clairement la vision de coopération culturelle associée à l’ancienne Route de la soie », a-t-elle précisé. Mme Zepp-Larouche a ensuite décrit la crise actuelle au Moyen-Orient et l’exode massif de réfugiés vers l’Europe, qui cherchent à fuir des zones de guerres créées par la politique américaine sous Bush et Obama. Nombre de pays européens ont récemment reconnu que cette politique doit être changée et que l’on doit s’attaquer aux causes profondes de cette crise des réfugiés, a-t-elle déclaré. Il ne suffit pas de combattre les extrémistes islamistes par des moyens militaires ; il faut également une politique de reconstruction économique pour toute la région, aujourd’hui complètement détruite par les guerres, afin de créer un avenir pour les jeunes actuellement attirés par la violence djihadiste.
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Mme Helga Zepp-LaRouche (en blanc) le 18-19 juin, lors du Forum des villes chinoises de la Route de la soie.
Crédit : Institut Schiller
Nous pouvons étendre la Route de la soie au Moyen-Orient, a-t-elle insisté. Nous pouvons créer des pôles de développement, faire verdir le désert et construire de nouvelles villes. La Nouvelle Route de la soie peut devenir un ordre de paix pour le 21e siècle. Si nous réussissons, a-t-elle conclu, cela conduira à un nouvel âge de civilisation, et si nous échouons, nous entrerons dans un nouvel âge des ténèbres. »

Abolir 40 années de politique désastreuse

Le responsable du bureau de Washington de la revue EIR Bill Jones a ensuite décrit les immenses possibilités ouvertes par ce nouveau projet pour l’ensemble du monde, incluant les États-Unis eux-mêmes. Il a rappelé que Lyndon LaRouche avait proposé dès 1975 la création d’une Banque internationale de développement (BID)pour le financement de l’infrastructure dans les pays du tiers-monde, et commentle ministre des Affaires étrangères du Guyana Fred Wills avait lancé l’année suivante, en collaboration avec M. LaRouche, un appel à l’Assemblée générale des Nations unies à un Nouvel ordre économique mondial et à un moratoire sur la dette des pays en voie de développement. « Rien de tout cela s’est concrétisé », a regretté Jones, et le système financier mondial est entré dans une phase d’expansion monétaire inflationniste, avec une bulle qui cumule aujourd’hui la faramineuse somme de 2 millions de milliards de dollars de dettes impayables. « Le projet mis de l’avant par le président Xi offre aujourd’hui la possibilité de renverser cette situation dangereuse, a-t-il souligné. Le monde est émerveillé par le développement de la Chine des quelques dernières décennies, et aujourd’hui la Chine lui offre une politique de développement similaire. » Bill Jones a aussi souligné que même si le gouvernement américain s’est montré moins qu’enthousiaste face à ce projet, il y a au niveau local et régional, là où la crise se fait le plus sentir, des gens qui comprennent parfaitement ce que cherche à accomplir la Chine.

L’appréciation des experts chinois

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Nouvelle Solidarité N°18/2014. Pour s’abonner.
Ces deux présentations ont été suivies des interventions de huit experts chinois qui ont lu le rapport. Leur réaction a été plus qu’enthousiaste. Bao Shixiu, ancien professeur de stratégie militaire à l’Académie des sciences de l’Armée populaire de libération, a déclaré que le fait de rassembler tous les pays de la région autour de l’initiative de Nouvelle Route de la soie et dans un processus de développement régional est le grand défi de notre époque. « Cela est également lié à la notion de bonne gouvernance, a-t-il ajouté, et tout le monde voit ce concept d’un bon œil. Nous allons ainsi consolider nos relations avec nos voisins et commencer à construire une destinée commune avec l’Europe. » Cette idée était également celle qui reposait derrière le concept de Pont terrestre eurasiatique proposé par l’Institut Schiller au cours des années 1990, a-t-il conclu. Ding Yifan, l’ancien directeur adjoint de l’Institut de développement mondial au Centre de recherche sur le développement du Conseil d’Etat de la République populaire de Chine, a souligné l’importance des concepts économiques développés par Lyndon LaRouche, constituant la trame du rapport. « Je connais l’Institut Schiller depuis longtemps, a-t-il fait remarquer, et j’ai beaucoup appris de leur part. Ils ont des idées très particulières à propos de l’économie mondiale. Le concept sous-tendant la vision de l’économie de LaRouche est celui de l’économie physique. LaRouche utilise le terme ’’néguentropie’’ pour caractériser les lois gouvernant une économie qui fonctionne de manière saine », a expliqué Ding Yifan.
Helga Zepp-LaRouche a promu le concept de Pont terrestre eurasiatique en tant que politique de prévention des guerres, a-t-il ajouté. Le nouveau concept ’’une Ceinture, une Route’’ a bénéficié d’une grande attention dans le monde entier. (…) Nous ne pouvons permettre au capital de tout contrôler. Il faut au contraire contrôler le capital.
Shi Ze, de l’Institut chinois des études internationales, a expliqué ensuite comment le problème auquel le monde est aujourd’hui confronté est causé par la pensée géopolitique.
La géopolitique nous a conduit vers la situation dangereuse actuelle. L’objectif de ce rapport est de développer un concept capable de remplacer la géopolitique. Et je l’ai trouvé dans ce livre, a-t-il affirmé. Il y a également l’aspect économique du rapport, qui met l’emphase sur la création de l’infrastructure. Il faut prendre en compte les besoins en infrastructure des autres pays. J’ai confiance dans le développement du Pont terrestre et je crois que madame LaRouche a réalisé de grands progrès dans la mise en œuvre de ses idées.
Tao Qingmei, de la Fondation Long Way de Beijing, a noté que le rapport soulève également la question d’un nouvel ordre et d’un nouveau type de relations entre les pays. « Ce livre reflète les opinions d’experts américains et je les respecte vraiment. Nous devrions repenser le monde en se basant sur un nouveau modèle de relations entre les pays. » Wang Xiangsui, directeur du Centre d’études stratégiques de l’Université d’aéronautique et d’astronautique de Beijing, a qualifié le rapport de « route vers le futur ». « Aujourd’hui, il faut procéder à partir d’une perspective régionale, qui intègre l’économie, la politique et la culture. La Chine apprend des autres pays. Et ce livre est très important de ce point de vue », a-t-il déclaré. Zhang Jianping, directeur du département de coopération économique internationale à la Commission nationale pour la réforme et le développement, a souligné l’aspect collaboratif du projet de Route de la soie et son ouverture à tous les pays. Tout en relevant le scepticisme du côté américain à propos de la Route de la soie, il a constaté un certain changement dans la perception qu’ont les États-Unis de la Banque asiatique pour l’investissement dans l’infrastructure (BAII). L’Europe, pour sa part, s’est montrée très enthousiaste à l’égard de ce projet. Zhang a estimé que le rapport de l’EIR, résultat d’un labeur de 20 ans comme il l’a souligné, joue un rôle important dans la promotion de l’idée de Nouvelle Route de la soie à l’intérieur des Etats-Unis. Zhao Changhui, de la Banque chinoise pour les importations-exportations, a félicité la maison d’édition Progress Publishing pour avoir décidé de publier ce rapport. Il a décrit le projet de Route de la soie comme une perspective pour les mille ans à venir. « En lisant le rapport, il faut se demander comment on peut faire la différence. Cela nous amène à réfléchir sur nos propres obligations. » Il a déclaré que les experts doivent développer une vision à long terme, comme le fait le rapport. Liu Ying, directeur du département de recherche coopérative à l’Institut Chongyang, a fait remarquer que le rapport a été écrit du point de vue d’une perspective mondiale, mais qu’il inclut également une perspective spatiale. « Le rapport est plutôt un exercice de prédiction de l’avenir, et non pas une simple explication du passé », a-t-il déclaré. Tous les participants ont reçu une copie du livre en chinois. L’Institut Chongyang en a acheté 1000 exemplaires pour distribution gratuite auprès d’une large sélection de cercles politiques et intellectuels chinois. La presse économique chinoise a largement couvert la conférence de presse, notant qu’il s’agissait là de la première analyse « d’experts américains » du projet chinois. Plusieurs articles ont également relevé le rôle joué par Helga Zepp-LaRouche et l’Institut Schiller en tant qu’instigateurs clé du projet au début des années 90. La présence de huit experts chinois renommés, ainsi que l’implication du prestigieux Institut Chongyang d’études financières, montre à quel point le rapport d’EIR est aujourd’hui devenu une référence de choix pour de nombreux experts chinois dans leurs travaux pour la mise en œuvre du projet « Une Ceinture, une Route ». Les conceptions économiques développées par Lyndon LaRouche sur une période de plus de 50 ans et promues par l’Institut Schiller depuis 30 ans, font aujourd’hui partie des idées de base pour de nombreux intellectuels de ce pays appelé à jouer un rôle déterminant dans l’avenir de l’humanité. Source : Institut Schiller

mercredi 9 septembre 2015

Jeremy Corbyn: l'alternative des BRICS, paix mondiale et Glass-Steagall vidéo fr

https://fr.wikipedia.org/wiki/Jeremy_Corbyn
 

mercredi 12 août 2015

EURASIE - Peuples minoritaires indigènes de Russie diaporama

LA SUITE....

Le Kirghizstan adhère à l'Union économique eurasiatique

LA SUITE...  

samedi 1 août 2015

Le Big Bang du pivot de l’Eurasie

Pepe Escobar
Pepe Escobar
Par Pepe Escobar – Le 23 juillet 2015 – SourceTomDispatch Les quelques centaines de républicains qui ont jeté leurs chapeaux dans l’arène pour la course à la présidentielle 2016 et les faucons de guerre du Congrès (principalement républicains mais pas seulement) sont déjà en mode turbo pour hurler à propos de l’accord nucléaire avec l’Iran à Vienne. Jeb Bush a pris environ deux secondes pour étiqueter l’accord apaisement, convoquant instantanément l’image du Premier ministre britannique Neville Chamberlain cédant à Hitler, à Munich en 1938, avant la Seconde Guerre mondiale. L’ancien gouverneur de l’Arkansas Mike Huckabee n’a épargné aucune métaphore dans la description de l’accord, «un accord qui permet au régime iranien de mettre à exécution sa menace de rayer Israël de la carte et demettre à mort l’Amérique», le sénateur Lindsey Graham l’a qualifié de «peine de mort pour Israël»; le premier candidat milliardaire de cette année, Donald Trump, résume son opinion sur l’affaire en un mot dans le style vous-êtes-viré :«ridicule», le sénateur John McCain décrit le secrétaire d’État John Kerry, qui a négocié l’accord, comme «délirant»; et le sénateur … pardon, je veux dire, le premier Ministre israélien Benjamin Netanyahou a retourné, infâmemoqueur, l’expression de Chamberlain «la paix dans notre temps» en «la paix à tout prix», en rejetant l’accord comme une catastrophe remplie d’«absurdités», puis est apparu sur tous les médias américains possibles pour le dénoncer. Et cela c’est juste pour entamer la liste des habituels suspects. Même le sénateur Rand Paul a juré qu’il votera contre l’accord (bien que son père a dit que c’était «au profit de la paix du monde»), tandis que le gouverneur du Wisconsin Scott Walker était typique des candidats républicains en jurant qu’ilsaborderait personnellement l’accord dès son premier jour dans le bureau ovale. Ceci est, en bref, la version folle de la politique internationale qui fait de Washington une chambre d’écho claustrophobe. Après tout, le choix n’est pas réellement d’empêcher l’Iran d’avoir une capacité nucléaire maintenant et de la retrouver d’ici 15 ans (comme la présente affaire semble offrir) ; le choix est entre un accord pour 15 ans de vérification de la non-possession des armes et une garantie de rien du tout à part ça. Et si vous avez coché cette dernière option (avoir rien du tout),  l’alternative est, en quelque sorte, d’écraser les Iraniens, pour les forcer à se soumettre. Il s’agit, en d’autres termes, d’une version de la guerre. Deux questions à ce sujet : quel succès a eu la guerre, utilisée comme arme de la politique américaine dans le Grand Moyen-Orient, ces 13 dernières années? Et qu’est-ce-qui fait croire à tout le monde que, alors même que Dick Cheney et sa bande n’ont pas pu se résoudre à appuyer sur la gâchette à propos de l’Iran, Jeb Bush ou l’un quelconque des autres candidats sera probablement susceptible de le faire dans un monde affublé d’un État islamique en 2017? Lorsque vous avez répondu, pour votre compte, à ces deux questions, considérez le contexte plus large, rarement discuté, au sein duquel la politique nucléaire du XXIe siècle a évolué. Dans ces dernières années, les Pakistanais, les Indiens, lesRusses et les Américains, pour ne citer que quatre puissances nucléaires, ont soit augmenté, soit modernisé leurs stocks d’armes nucléaires de façon significative. Et Dieu sait ce que les Israéliens faisaient avec leur super-secret-de-polichinelle, jamais officiellement reconnu, mais potentiellement dévastateur de civilisation, c’est à dire leur arsenal atomique de 80 ou plus d’ogives nucléaires, tandis que les Nord-Coréens sont eux-mêmes devenus un mini-pouvoir nucléaire. Il n’empêche, le centre d’attention nucléaire et la question du désarmement sont restés presque exclusivement focalisés sur un pays qui n’a pas de telles armes, qui les a officiellement désavouées, et à ce jour au moins, n’a même pas de programme pour en fabriquer. Et notez bien que, dans tout Washington, il n’y a absolument personne pour trouver tout cela, pour le moins, un peu étrange. C’est dans ce contexte, que l’irrépressible chroniqueur régulier de TomDispatch,Pepe Escobar, ouvre une autre focale de l’objectif pour élargir le champ de vision sur l’affaire iranienne. Il se concentre sur un sujet que Washington n’a pas encore pleinement absorbé : l’évolution des relations en Eurasie. Peu de gens ici l’ont remarqué, mais alors que l’accord de Vienne était négocié, la Russie et la Chine, des pays que le Pentagone vient officiellement de qualifier de menaces, ont déplacé des montagnes (littéralement, dans certains cas) pour intégrer toujours plus de parties dans cette grande masse de terres cruciale, cetteîle du monde pour en faire une vaste zone économique qui, si tout va comme ils le souhaitent, sera au-delà de la puissance et du contrôle de Washington. C’est un développement remarquable qui, malgré deux mois de bruit et de fureur à propos de l’Iran, ne sera pas au sommet des nouvelles dans les médias aux ordres, ce qui explique pourquoi vous avez besoin d’un site web commeTomDispatch pour rester en phase avec les temps nouveaux. Tom

LE BIG BANG EURASIEN, COMMENT LA CHINE ET LA RUSSIE PRENNENT LE DESSUS SUR WASHINGTON

Par Pepe Escobar Commençons par le Big Bang géopolitique  au sujet duquel vous ne savez rien, celui qui a eu lieu il y a à peine deux semaines. Voici ses résultats : à partir de maintenant, toute menace de future attaque contre l’Iran proférée par le Pentagone (en conjonction avec l’Otan) serait essentiellement un assaut contre un ensemble de d’organisations verrouillées – les nations du BRICS (Brésil, Russie, Inde , la Chine et l’Afrique du Sud), l’OCS (Organisation de coopération de Shanghai), l’EEU (Union économique eurasienne), l’AIIB (la nouvelle banque d’investissement asiatique pour les infrastructure fondée par la Chine ), et de la NDB (Nouvelle banque de développement du BRICS) – tous étant des acronymes que vous avez peu de chances de connaître. Pourtant, ils représentent un nouvel ordre émergent en Eurasie. Téhéran, Pékin, Moscou, Islamabad et New Delhi ont activement verrouillé des garanties pour leur sécurité. Ils ont simultanément relevé le défi du bluff atlantiste quand il s’agit des roulements de tambour ininterrompus à l’attention du fragile cliché de l’Iran «le programme d’armes nucléaires». Et quelques jours avant que les négociations nucléaires de Vienne ne finissent par aboutir à un accord, le BRICS et l’OCS ont rejoint un sommet jumeau à Oufa, en Russie – un endroit dont vous n’avez sans doute jamais entendu parler et qui n’a retenu aucune attention aux États-Unis. Et pourtant, tôt ou tard, ces développements assureront que le parti de la guerre à Washington et les néoconservateurs républicains (ainsi que les néoliberaux-cons démocrates), qui crachent déjà abondamment sur l’accord avec l’Iran, vont réduire la mitraille au fur et à mesure que s’écroulent leurs mythes sur la façon dont le monde fonctionne. La Route de la Soie eurasienne Au cours des interminables négociations de l’accord de Vienne, que j’ai eu ledouteux plaisir de suivre de près, le ministre des Affaires étrangères iranien Javad Zarif et son équipe diplomatique ont tiré, du chapeau froissé d’un improbable magicien, un accord qui pourrait réellement mettre fin aux sanctions contre leur pays dans un conflit asymétrique largement fabriqué. Pensez à cette réunion à Oufa, capitale du Bachkortostan en Russie, comme à un préambule identique à la façon dont l’accord longtemps retardé à Vienne a fini par être conclu. Cette réunion a fondé la nouvelle dynamique du continent eurasien et signalé l’avenir géopolitique du Big Bang formé par tout cela. A Oufa, du 8  au 10 juillet , le 7e sommet du BRICS et le 15e sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai se chevauchaient tout comme l’accord de Vienne dévorait l’une après l’autre les dates limites. Considérez cela comme un coup de maître diplomatique de la Russie de Vladimir Poutine d’avoir fusionné ces deux sommets avec une réunion informelle de l’Union économique eurasienne (de EEU). Appelez cela la déclaration de guerre douce d’une puissance naissante contre la logique impériale de Washington, qui mettait en évidence l’ampleur et la profondeur d’un partenariat stratégique sino-russe en évolution. En mettant tous ces chefs d’État participants à l’une ou l’autre de ces organisations sous un même toit, Moscou a offert une vision d’une structure géopolitique coordonnée émergente, ancrée dans l’intégration eurasienne. D’où l’importance de l’Iran : peu importe ce qui se passera après Vienne, l’Iran sera un élément vital concentrateur/nœud /carrefour de l’Eurasie pour cette nouvelle structure. Si vous lisez la déclaration qui est sortie du sommet du BRICS, un détail devrait vous frapper : l’Union européenne caracolant sur son austérité est à peine mentionnée. Et ce n’est pas un oubli. Du point de vue des dirigeants des principales nations du BRICS, ils offrent une nouvelle approche de l’Eurasie, à l’opposé de la langue des sanctions. Voici quelques exemples de l’activité vertigineuse qui a eu lieu à Oufa, tout cela ignoré par les grands médias occidentaux. Lors de leurs entretiens, le président Poutine, le président chinois Xi Jinping, et le Premier ministre indien Narendra Modi ont travaillé d’une manière concrète pour faire avancer ce qui est essentiellement une vision chinoise de la future Eurasie unie grâce à une série de verrouillages de nouvelles routes de la soie. Modi a approuvé davantage d’investissements chinois dans son pays, tandis que Xi et Modi se sont engagés à travailler ensemble pour résoudre les questions frontalières obstinées qui ont miné leurs pays et, dans au moins un cas, ont conduit à la guerre. La NDB (Nouvelle banque de développement), réponse du BRICS à la Banque mondiale, a été officiellement lancée avec $50 Mds de capital au démarrage. Axée sur le financement de grands projets d’infrastructure dans les pays du BRICS, elle est capable d’accumuler jusqu’à $400 Mds en capital, selon son président, Kundapur Vaman Kamath. Plus tard, elle prévoit de se concentrer sur le financement de tels projets dans d’autres pays en développement à travers le Grand Sud – le tout dans leur propre monnaie, ce qui implique de se passer du dollar américain. Compte tenu de sa composition, l’argent de la NDB sera étroitement lié aux nouvelles Routes de la soie. Comme l’a souligné le président de la Banque de développement du Brésil, Luciano Coutinho, dans un proche avenir, il pourra également aider les États européens non membres de l’UE comme la Serbie et la Macédoine. Pensez à cela comme une tentative de la NDB de briser le monopole de Bruxelles sur la Grande Europe. Kamath a même avancé la possibilité d’aider un jour à la reconstruction de la Syrie. Vous ne serez pas surpris d’apprendre que, tant la nouvelle Banque asiatique d’investissement dans les infrastructures que la NDB, ont leur siège social en Chine et vont travailler à complémenter leurs efforts. Dans le même temps, le bras d’investissement à l’étranger de la Russie, le Fonds d’investissement direct (RDIF), a signé un protocole d’entente avec des fonds provenant d’autres pays du BRICS, lançant ainsi un consortium d’investissement informel dans lequel le Fonds chinois de la Route de la soie et la Compagnie financière pour le développement des infrastructure en Inde seront des partenaires clés. Domination sur toute la gamme des moyens de transport Sur la terre ferme, il faudrait considérer cela comme une partie du nouveau Grand Jeu en Eurasie. Sa contrepartie occidentale est le Partenariat trans-pacifique et la même version pour l’Atlantique, le TTIP, partenariat pour le commerce et l’investissement transatlantique, qui sont tous deux promus par Washington afin de maintenir la domination des États-Unis sur l’économie mondiale. La question soulevée par ces plans concurrents est de savoir comment intégrer les échanges commerciaux à travers cette vaste région. Du point de vue chinois et russe, l’Eurasie doit être intégrée via un réseau complexe d’autoroutes, de lignes ferroviaires à grande vitesse, de ports, d’aéroports, de pipelines et de câbles à fibre optique. Par terre, mer et air, les nouvelles Routes de la soie sont destinées à créer une version économique de la doctrine du Pentagone de «Full Spectrum Dominance» – une vision qui montre déjà des dirigeants d’entreprises chinoises sillonner l’Eurasie en signant des contrats pour la réalisation des infrastructures. Pour Pékin, le retour à un taux de croissance de 7% au deuxième trimestre de 2015 – malgré une quasi-panique récente sur les marchés boursiers du pays –  est d’une logique économique parfaite : alors que les coûts du travail augmentent, la production sera transférée de la côte Est du pays vers ses confins occidentaux moins chers, tandis que les débouchés naturels pour la production d’à peu près tout seront situés le long de ces ceintures parallèles et interconnectées des nouvelles Routes de la soie. Pendant ce temps, la Russie pousse à moderniser et à diversifier son économie dépendant trop de l’exploitation de l’énergie. Entre autres choses, ses dirigeants espèrent que l’effet conjoint du développement des Routes de la soie et de la fusion de l’Union économique eurasienne (Russie, Arménie, Biélorussie, Kazakhstan et Kirghizistan) se traduira par une myriade de projets de transport et de construction pour lesquels le savoir-faire dans l’industrie et l’ingénierie se révéleront cruciaux. Comme l’EEU a commencé à établir des zones de libre-échange avec l’Inde, l’Iran, le Vietnam, l’Égypte, et le Mercosur, le bloc de l’Amérique latine (Argentine, Brésil, Paraguay, Uruguay et Venezuela), les premières étapes de ce processus d’intégration s’étendent déjà au-delà de l’Eurasie. Pendant ce temps, l’OCS, qui a commencé comme un forum sur la sécurité, est en pleine expansion dans le domaine de la coopération économique. Ses pays, en particulier les quatre centrales asiatiques en stan (Kazakhstan, le Kirghizistan, l’Ouzbékistan et le Tadjikistan), seront de plus en plus appelés à compter sur les banques chinoises, l’AIIB et la NDB. A Oufa, l’Inde et le Pakistan ont achevé un processus de mise à niveau dans lequel ils sont passés du statut d’observateurs à celui de membres de l’OCS. Cela en fait un G8 alternatif. En attendant, quand on en arrive à l’Afghanistan assiégé, les nations du BRICS et de l’OCS ont maintenant appelé «l’opposition armée à désarmer, à accepter la Constitution de l’Afghanistan, et à couper les liens avec al-Qaïda, ISIS, et d’autres organisations terroristes». Traduction : dans le cadre de l’unité nationale afghane, l’organisation accepterait les talibans dans le cadre d’un futur gouvernement. Leurs espoirs, avec l’intégration de la région à l’esprit, serait un avenir stable en Afghanistan en mesure d’absorber plus de Chinois, des investissements russes, indiens et iraniens, et la construction – enfin! – d’un pipeline de gaz de $10 Mds, long de 1 420 km traversant le Turkménistan, l’Afghanistan, le Pakistan et l’Inde (TAPI), prévu de longue date. Du gaz qui pourrait bénéficier à ces nouveaux membres de l’OCS qui ont soif d’énergie, le Pakistan et l’Inde. (Ils recevront chacun 42% du gaz, les 16% restants étant pour l’Afghanistan.) L’Asie centrale est, pour le moment, une page vierge pour la convergence des projets économiques de la Chine, de la Russie et de l’Inde. Ce ne fut pas un hasard si, sur son chemin vers Oufa, le Premier ministre Modi a fait escale en Asie centrale. Comme les dirigeants chinois à Pékin, Moscou attend avec impatience (comme un document récent le dit) «linterpénétration et l’intégration de l’EEU et de la ceinture économique de la Route de la soie» dans une Grand Eurasie et «le développement, d’un voisinage commun sûr et stable» à la fois pour la Russie et la Chine. Et ne pas oublier l’Iran. Au début de 2016, lorsque les sanctions économiques seront entièrement levées, il devrait rejoindre l’OCS, la transformant en un G9. Comme son ministre des Affaires étrangères, Javad Zarif, l’a récemment précisé sur la chaîne 1 de la télévision de la Russie, Téhéran considère les deux pays comme des partenaires stratégiques. «La Russie, a-t-il dit, a été le participant le plus important au programme nucléaire de l’Iran et elle continuera, sous l’accord actuel, à être un partenaire nucléaire majeur de l’Iran.» Il en sera de même, a-t-il ajouté, «au sujet de la coopération dans les secteurs du pétrole et du gaz», compte tenu de l’intérêt commun de ces deux nations, riches en énergie, dans le «maintien de la stabilité des prix du marché mondial». On a un corridor, on voyagera À travers l’Eurasie, les nations du BRICS se dirigent vers des projets d’intégration. Un corridor économique Bangladesh-Chine-Inde-Myanmar en développement est un exemple typique. Il est maintenant en cours de reconfiguration en route à voies multiples entre l’Inde et la Chine. Pendant ce temps, l’Iran et la Russie développent un corridor de transport depuis le golfe Persique et le golfe d’Oman jusqu’à la mer Caspienne et  la Volga. L’Azerbaïdjan sera relié au niveau de la mer Caspienne à ce couloir, tandis que l’Inde envisage d’utiliser les ports du sud de l’Iran pour améliorer son accès à la Russie et à l’Asie centrale. Maintenant, ajoutez à cela un couloir maritime qui va s’étirer de la ville indienne de Mumbai vers le port iranien de Bandar Abbas, puis de là, par voie terrestre en Iran, puis maritime dans la mer Caspienne, à la ville d’Astrakhan au sud de la Russie . Et cela ne fait qu’effleurer une partie de la planification en cours. Voilà des années que Vladimir Poutine avait suggéré qu’il pourrait y avoir uneGrande Europe s’étendant de Lisbonne, au Portugal, sur l’Atlantique, à la ville russe de Vladivostok sur le Pacifique. L’UE, sous la férule de Washington, l’a ignoré. Ensuite, les Chinois ont commencé à rêver de la planification de nouvelles Routes de la soie qui, à rebours du voyage de Marco Polo, iraient de Shanghai à Venise (et ensuite à Berlin). Grâce à un ensemble de pollinisations croisées des institutions politiques, des fonds d’investissement, des banques de développement, des systèmes financiers et les projets d’infrastructures qui, à ce jour, restent largement ignorés des radars de Washington, un cœur eurasien de libre-échange est en train de naître. Un jour il reliera la Chine et la Russie à l’Europe, à l’Asie du Sud, et même à l’Afrique. Cela promet un progrès incroyable. Gardez votre attention, si vous le pouvez, sur l’accumulation des faits sur le terrain, même s’ils sont rarement couverts par les médias occidentaux. Ils représentent le Nouveau Grand – accent sur ce mot – Jeu en Eurasie. Géographie, géographie, toujours géographie Téhéran est maintenant profondément investi dans le renforcement de ses liens avec cette nouvelle Eurasie et l’homme à surveiller sur ce point est Ali Akbar Velayati. Il est le chef du Centre pour la recherche stratégique en Iran et conseiller principal pour la politique étrangère du guide suprême l’ayatollah Khamenei. Velayati souligne que la sécurité en Asie, au Moyen-Orient, en Afrique du Nord, en Asie centrale et dans le Caucase dépend de la poursuite du renforcement d’une triple entente Pékin-Moscou-Téhéran. Comme il le sait, géo-stratégiquement l’Iran est à la bonne place. Ce pays offre le meilleur accès pour ouvrir les mers dans la région, en dehors de la Russie, et est de toute évidence le seul trajet est-ouest/nord-sud pour le commerce de l’Asie centrale des stan. Pas étonnant alors que l’Iran soit bientôt un membre de l’OCS, alors même que son partenariat avec la Russie est certain d’évoluer. Ses ressources énergétiques sont déjà cruciales pour la Chine, qui les considère comme une question de sécurité nationale et, dans la pensée des dirigeants de ce pays, l’Iran remplit également un rôle clé en tant que plaque tournante dans les Routes de la soie qu’ils projettent. Ce réseau croissant de routes, de lignes ferroviaires et de pipelines, commeTomDispatch l’a déjà signalé, représente la réponse de Pékin à l’annonce par l’administration Obama d’un pivot vers l’Asie et à l’envie de l’US Navy de se mêler des affaires dans la mer de Chine méridionale. Pékin choisit deprojeter sa puissance par l’intermédiaire d’un vaste ensemble de projets d’infrastructures, en particulier les lignes ferroviaires à grande vitesse qui s’étendront profondément dans l’Eurasie, à partir de sa côte Est chinoise. De cette façon, le chemin de fer construit par les Chinois d’Urumqi, dans la province du Xinjiang, à Almaty au Kazakhstan, sera sans aucun doute un jour étendu à l’Iran et traversera ce pays sur son chemin vers le golfe Persique. Un nouveau monde pour les planificateurs du Pentagone Lors du Forum économique international de Saint-Pétersbourg le mois dernier, Vladimir Poutine a dit à Charlie Rose de CBS que Moscou et Pékin avaient toujours voulu un véritable partenariat avec les États-Unis, mais ont été éconduits par Washington. Alors, chapeau bas au leadership de l’administration Obama. D’une certaine manière, il a réussi à réunir les deux anciens rivaux géopolitiques, tout en solidifiant leur grande stratégie pan-eurasienne. Même le récent accord avec l’Iran à Vienne est peu susceptible – surtout compte tenu des faucons de guerre au Congrès – de mettre fin à 36 ans de Grande Muraille de méfiance de Washington à l’encontre de l’Iran. Au lieu de cela, les chances sont que l’Iran, libéré des sanctions, va en effet être absorbé dans le projet sino-russe d’intégration de l’Eurasie, ce qui nous amène au spectacle des guerriers de Washington, incapables d’agir efficacement, se lamentant comme des banshees. 1 Le Commandant suprême de l’Otan, Dr. Folamour, le général américain Philip Breedlove, insiste pour que l’Occident crée une force médiatique de réaction rapide – en ligne sur internet – pour contrer les faux récits de la Russie. Le Secrétaire à la défense Ashton Carter prétend sérieusementconsidérer unilatéralement le redéploiement de missiles nucléaires en Europe. Le candidat à la tête du Joint Chiefs of Staff [État-major interarmes, Ndt], le Commandant de Marines Joseph Dunford, a récemment qualifié directement la Russie de véritable «menace existentielle» pour l’Amérique ; le Général Paul Selva, de l’US Air Force, désigné pour être le nouveau vice-président du Joint Chiefs, a appuyé cette évaluation, en utilisant la même phrase et a rajouté à la Russie, la Chine et l’Iran, dans cet ordre, comme plus menaçants que État islamique (ISIS). Dans l’intervalle, les candidats présidentiels républicains et un ramassis de faucons de guerre du Congrès ne savent que vociférer et pester quand on en vient aux affaires iranienne et russes. En réponse à la situation ukrainienne et à la menace d’une résurgence de la Russie (derrière laquelle se dresse une résurgence de la Chine), la militarisation de l’Europe, américano-centrée, se poursuit rapidement. L’Otan serait actuellement obsédée par ce qu’elle appelle «repenser la stratégie» – par exemple l’élaboration de scénarios futuristes détaillés de guerre sur le sol européen. Comme l’économiste Michael Hudson l’a souligné, même la politique financière est militarisée et liée à la nouvelle Guerre froide de l’Otan 2.0. Dans sa dernière stratégie militaire nationale, le Pentagone suggère que le risque d’une guerre américaine avec une autre nation (par opposition à l’épouvantail du simulacre terroriste), bien que bas, augmente et identifie quatre nations comme des menaces : la Corée du Nord, un cas à part et, de manière prévisible, les trois nations qui forment le nouveau noyau eurasien : la Russie, la Chine et l’Iran. Ils sont représentés dans le document comme «des États révisionnistes», défiant ouvertement ce que le Pentagone identifie comme «la sécurité et la stabilité internationale» dans ce qui reste du terrain de jeu éventré entièrement créé par la mondialisation, l’exclusion, le capitalisme de casino en mode turbo et par la marque du militarisme de Washington. Le Pentagone, bien sûr, ne fait pas dans la diplomatie. Apparemment pas au courant des négociations de Vienne, il a continué à accuser l’Iran de se doter d’armes nucléaires. Et que l’option militaire contre l’Iran est toujours sur la table. Donc considérez la suite comme la Mère de toutes les superproductions hollywoodiennes [Blockbusters] et regardez comment le Pentagone et les faucons de guerre du Congrès vont réagir à la suite de l’accord de Vienne, et aussi – bien qu’il ait été à peine remarqué à Washington – le nouvel environnement suite au sommet eurasien de Oufa, en particulier avec un nouveau tenancier du bordel de la Maison-Blanche en 2017. Ce sera un spectacle. comptez là-dessus. La prochaine version de Washington essayera-t-elle de faire avec une Russie perdue ou enverra-t-elle des troupes? Verra-t-on contenir la Chine ou le califat de ISIS? La collaboration avec l’Iran va-t-elle fonctionner pour lutter contre ISIS ou va-t-on la dédaigner? Verrons-nous vraiment un pivot vers l’Asie pour de bon et un abandon du Moyen-Orient ou vice-versa? Pourrait-il tenter de contenir la Russie, la Chine et l’Iran simultanément ou trouver un moyen de les jouer les uns contre les autres? En fin de compte, quoi que fasse Washington, ce sera certainement le reflet de la crainte de l’augmentation du développement économique stratégique entre la Russie et la Chine, une réalité déjà visible à travers l’Eurasie. A Oufa, M. Poutine a déclaré à Xi sur le dossier : «En combinant nos efforts, il n’y a aucun doute que nous [la Russie et la Chine] pourrons surmonter tous les problèmes qui se présenteront à nous.» Par efforts, il faut comprendre de nouvelles Routes de la soie, l’Union économique eurasienne, la croissance du BRICS, l’expansion de l’Organisation de coopération de Shanghai , les banques basées en Chine, et tout le reste de ce qui ajoute à ce début d’intégration de parties importantes de la masse terrestre eurasiatique. Quant à Washington, volera-t-il comme un aigle? Dites plutôt : se lamentera-t-il comme une banshee. Pepe Escobar est correspondant itinérant pour Asia Times, analyste pour RT et Spoutnik, et habitué de TomDispatch. Son dernier livre est l’Empire du Chaos.Suivez-le sur Facebook en cliquant ici. Traduit par jj, relu par Diane pour le Saker Francophone  
  1. Dans les légendes du folklore irlandais et écossais, la banshee est décrite comme une messagère de mort, une créature surnaturelle féminine qui commence à gémir ou crier quand quelqu’un est sur le point de mouri… La banshee est souvent comparée à d’autres créatures légendaires d’Europe ou du monde, comme la Dame blanche. Wikipédia

mercredi 29 juillet 2015

Comment les occidentaux veulent saboter la banque des BRICS

mercredi 29 juillet 2015

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Muhammade Yunes, fondateur de la banque des pauvres.
Crédit : Wikipedia Commons
Si les Occidentaux n’arrivent plus par les menaces à empêcher les BRICS de voler de leurs propres ailes, en se dotant d’une Nouvelle Banque de Développement (NBD) disposant d’un capital de 100 mds de dollars, et d’un Fonds de réserve monétaire, de 100 mds lui aussi, Muhammad Yunus, le « banquier des pauvres », est là pour tenter d’obtenir les mêmes résultats mais avec du soft power. M. Yunus est, rappelons le, cet économiste et entrepreneur bangladais qui a fondé en 1976 la première institution de microcrédit, la Grameen Bank. En 2006, il fut même récompensé pour cette initiative avec le prix Nobel de la Paix. Et en 2011 sa banque l’a viré pour des raisons qui restent à éclaircir. Au départ, cela ressemble à un conte de fée. M. Yunus, un homme issu de bonne famille, n’a pas voulu prêter aux commerçants ou aux petites entreprises qui ont déjà quelque chose, mais bien aux chômeurs, aux mendiants, aux gens qui n’ont rien. Il prête pourquoi faire ? Pour qu’ils aient quelque chose, telle cette femme qui, avec 30 Takas, a eu envie, au Bangladesh, de se lancer dans l’achat de petits objets qu’elle a vendus après, avec profit. C’est à partir de milliers de petites histoires comme celle là qu’est née la Banque des pauvres, appelée Banque Grameen, qui compte aujourd’hui 2,2 millions de clients au Bangladesh et qui agit dans 56 pays du monde. Mais le meilleur est pour la fin : 98% des gens remboursent leur prêts, « malgré des taux élevés », déclare ce banquier racontant cette histoire qui fait mentir le dicton, on ne prête qu’aux riches ! La triste réalité est qu’il ne s’agit de rien d’autres que des bonnes vieilles pratiques d’usure déguisées en philanthropie et récompensées par un prix Nobel. Mais voilà que M. Yunus s’avance avec une autre idée « géniale » pour détourner les BRICS de leur mission, qui est l’entrée de leurs pays dans l’ère industrielle, avec la hausse du niveau de vie et d’éducation correspondante à ce statut pour tout leur peuple. Le 7 juillet, alors les BRICS s’apprêtaient à tenir leur Sommet 2015 à Oufa en Russie, M. Yunus lançait la proposition selon laquelle la NDB des BRICS devait« embrasser » trois objectifs : « zero pauvreté, zéro chômage, et zéro émissions de carbone d’ici 2050. » Le mot est lâché dès le départ : en proposant, comme le propose la COP21, des projets à zéro émissions de carbone, il est clair qu’il ne s’agit pas là de grands projets d’infrastructures qui nécessitent l’utilisation des énergies fossiles, voir même le nucléaire, mais de petits boulots et des services.
La NDB, propose sournoisement M. Yunus, ne devrait pas être une autre Banque mondiale, finançant les même types des projets dans les mêmes pays... son but ne devrait pas être le symbole du désir des pays émergents de montrer leur pouvoir financier et politique.
Les nouveaux objectifs qu’il propose pour séduire ses victimes sont :
  1. faire appel aux pouvoirs créateurs de la jeunesse et à leur optimisme ;
  2. se concentrer sur des innovations technologiques qui ne soient « ni faiseurs d’argent, ni de faiseurs de guerre »... mais qui aient des objectifs humains ;
  3. créer des entreprises « sociales » destinées à résoudre des problèmes complexes : sociaux, économiques et environnementaux.

Les entreprises ordinaires ne peuvent pas résoudre des problèmes sociaux, dit-il. D’autres acteurs tels que les États et les organismes de charité peuvent ne pas être soutenables et efficaces. Des entreprises sociales sont soutenables, efficaces, repliables et transférables. C’est ce modèle d’affaires qui doit être le cœur de la structure institutionnelle et du "policy package" de la NDB des BRICS !
Autrement dit, la NDB ne devrait avoir d’autre tâche que de créer une économie de subsistance dans ces pays, à l’image de son microcrédit dans les quartiers pauvres !

http://www.solidariteetprogres.org/actualites-001/comment-les-occidentaux-veulent.html

mercredi 22 juillet 2015

La Syrie déterminée à rejoindre l’Union économique eurasiatique


Le premier ministre syrien Wael al-Halki a confirmé le désir de son pays d’adhérer à l’Union économique eurasiatique (UEEA), lit-on dans les médias russes.
"Les négociations sur l'adhésion à l'Union eurasiatique et sur une zone de libre-échange se sont poursuivies avec la partie russe", a indiqué M. al-Halki qui a souligné qu'une telle démarche pourrait aider la Syrie à renforcer ses relations économiques avec les pays amis.
Les participants au sommet de l’OCS  à Oufa
Selon le responsable, Moscou et Damas ont déjà conclu des accords sur la construction d'usines de transformation de gaz, de systèmes d'irrigation et de sous-stations électriques, ainsi que sur l'exploitation des gisements de pétrole au large de la Syrie.
Au sein de l'Union économique eurasiatique, la décision sur l'adhésion d'un membre nouveau à l'UEEA ne peut être prise que conjointement, indique le professeur Alexeï Malachenko, membre du conseil scientifique de la Fondation Carnegie pour la paix internationale de Moscou dans une interview accordée à Rossiyskaya Gazeta. L'Union économique eurasiatique a été créée le 1er janvier 2015 sur la base de l'Union douanière Russie-Biélorussie-Kazakhstan dans le cadre de l'intégration eurasiatique.
http://fr.sputniknews.com/international/20150722/1017172407.html#ixzz3gciiT3wB
 

lundi 20 juillet 2015

Et si la Grèce tournait le dos à l'Europe pour embrasser la main des BRICS et la Route de la Soie? vidéo fr

Alors qu'Athènes tente de renégocier sa dette auprès de ses créanciers (UE et FMI), les BRICS tiennent leur sommet annuel en Russie. En mai, les «5» émergents avaient tendu la main à la Grèce qui s'était dit très intéressée. Ira ou ira pas ?

Officiellement, la crise grecque n'est pas au menu du sommet des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, et Afrique du Sud) qui se déroule depuis hier à Oufa en Russie. Pourtant, le hasard du calendrier est des plus troublants. En savoir plus : La Grèce se rapproche de la Banque des BRICS Et si les BRICS étaient le «plan B» des Grecs ? Alors que la Grèce vit une semaine cruciale pour son avenir, ne lâchant rien dans le bras de fer qui l'oppose à la troïka (BCE, UE, et FMI), les «5» tigres émergents profitent de leur sommet annuel pour baptiser leur nouvelle banque de développement, qui se veut une concurente directe du FMI et de la Banque mondiale.  En cas d'échec des négociations avec ses créanciers, Athènes envisage-t-elle de se tourner vers les BRICS ? Un scénario, qui agite la Toile, et qui est largement relayé sur Twitter...voire encouragé !
 

jeudi 16 juillet 2015

Au sommet d’Oufa, les BRICS passent à l’acte

Christine Bierre

« Les BRICS sont les futurs dirigeants de l’économie mondiale » et la Chine en« reste la locomotive », a déclaré Vladimir Poutine, lors d’une conférence de presse à l’issue des sommets des BRICS et de l’Organisation de la coopération de Shanghai (OCS), tenus à Oufa en Russie du 8 au 10 juillet. Compte tenu de la crise interminable, et peut-être finale, dans laquelle s’est engagée l’Union européenne en voulant faire de la Grèce la victime expiatoire d’une crise qui est en réalité celle de toute l’Europe, et de la zone transatlantique, plombées par la faillite du système en 2008, les progrès accomplis à Oufa par les BRICS, l’OCS et l’Union économique eurasiatique (UEEA) qui les a rejoints, représentent aujourd’hui le seul espoir d’une sortie de crise et d’un retour à des politiques de croissance permettant d’assurer un avenir à notre planète. N’en déplaise aux Occidentaux, dont les médias ont, pour la plupart, boycotté la couverture de ces sommets, les BRICS ont annoncé le lancement, en un temps record, de leur Nouvelle banque de développement (NDB) (100 mds de dollars) ainsi que d’un fonds commun de réserve de change (100 mds), deux initiatives adoptées lors du dernier Sommet des BRICS il y a tout juste un an, à Fortaleza, au Brésil. La NDB pourra commencer à prêter dès avril 2016 ! Elle pourrait notamment participer au financement de la construction de la ligne à grande vitesse Moscou-Kazan, selon le ministre russe des Finances Anton Silouanov, président du Conseil d’administration de la NDB. « Nous sommes en train d’étudier cette question », a précisé le ministre avant d’ajouter que la Russie proposera également ce projet à laBanque asiatique d’investissement pour les infrastructures (BAII). A cela s’ajoute la perspective adoptée par les BRICS d’accroître leurs échanges, non pas en dollar, mais en devises des pays membres, en particulier en yuans et en roubles. Mais pour Sylvie Kauffman, du quotidien Le Monde (qui avait refusé en 2012 de couvrir la candidature présidentielle de Jacques Cheminade), le sommet des BRICS est un non-évènement et le « Congrès d’Oufa n’aura pas lieu » !

Triple union : BRICS, OCS, UEEA

Oufa fut également le lieu de rassemblement non seulement des BRICS et de l’OCS, mais aussi de l’Union économique eurasiatique (UEEA), organisation fondée en janvier 2015 par la Russie, la Biélorussie, le Kazakhstan, le Kirghizistan et l’Arménie. Pour ceux qui comptaient encore pouvoir manipuler la Russie contre la Chine, la Chine contre l’Inde, etc. ils en seront pour leurs frais. L’intégration entre BRICS, OCS et UEEA engendrera non seulement un nouvel ordre économique mondial, mais accroîtra les retombées bénéfiques pour les peuples d’Eurasie. Ce fut le thème répété à l’unisson par les trois dirigeants.
Nous sommes prêts à travailler très étroitement pour coordonner et nouer des liens entre les deux projets d’intégration – UEEA et Ceinture économique de la route de la soie, a déclaré Vladimir Poutine. Nous y voyons la grande promesse de construire un système commun de transports pour l’OCS, utilisant notamment le potentiel de transport offert par le Transsibérien et le Baïkal-Amour en Russie.
« La Chine est prête à renforcer sa coopération avec tous les pays pour réaliser des projets prioritaires », a dit Xi-Jinping, annonçant son intention d’« organiser le soutien financier pour réaliser des études de faisabilité et de design et participer à des investissements conjoints. » Pour lui :
Il est important d’établir un scénario de coopération pour la région, qui inclura, dans les prochaines années, la construction de 4000 kms de voies ferrées et de plus de 10 000 kms d’autoroutes. La Chine s’engage à créer au plus vite une banque de l’OCS pour aider à financer la production dans la région, et elle est prête à utiliser son fonds de la Route de la soie dans ce but.
Évoquant dans un entretien au quotidien indien The Hindu, le « puissant sursaut économique (...) qui résultera de l’association entre ressources matérielles, capital humain et énormes marchés à la consommation » de ces trois régions du monde, Vladimir Poutine a précisé aussitôt : « Pour nous, il ne s’agit pas d’un échiquier ou de jeux géopolitiques » ; l’espace eurasiatique est « notre maison et nous voulons que la paix et la prospérité règnent chez nous, pour qu’il n’y ait aucune place pour l’extrémisme ou des tentatives pour certains de chercher leur propre intérêt au détriment des autres ».

Rapprocher les frères ennemis indo-pakistanais

Autre flanc consolidé au cours de ces sommets, l’Inde et le Pakistan : les deux frères ennemis ont tous deux fait leur entrée à l’OCS. Associés à la Russie et à la Chine, voilà une combinaison qui bloquera les Games of Thrones chers aux Anglo-américains dans cette région. Les deux chefs d’État, Narendra Modi et Nawaz Sharif, se sont rencontrés en marge du sommet de l’OCS à Oufa et ont convenu d’une visite de M. Modi au Pakistan, lors du Sommet des pays de l’Asie du Sud l’année prochaine. Autre invité de marque aux sommets, l’Iran, qui a posé sa candidature pour rejoindre l’OCS. Rappelons le rôle important de cette organisation dans la lutte contre le terrorisme, l’extrémisme et le trafic de drogue, véritables plaies endémiques dans cette partie du monde. La Structure anti-terroriste régionale de l’OCS (SATR) pourra mieux fonctionner avec la présence de l’Inde et du Pakistan. D’autant que l’Afghanistan était aussi parmi les invités. Son président Ashraf Ghani a participé à la réunion en Russie, tournant définitivement la page des années sombres de l’invasion soviétique. L’entrée de l’Inde et du Pakistan à l’OCS, composée jusqu’à présent de six États, Chine, Russie, Kazakhstan, Kirghizistan, Tadjikistan et Ouzbékistan, a vite fait naître la rumeur qu’un nouveau G8 s’était constitué... Après Oufa, M. Modi a continué son périple au Turkménistan où il a promu le corridor de transport Nord-Sud passant par l’Iran.
Si nous utilisons la route iranienne, Achgabat (Turkménistan) sera la première capitale desservie en Asie centrale. Avec le chemin de fer Kazakhstan-Turkménistan-Iran et l’investissement proposé par l’Inde dans le port iranien de Chabahar, ces initiatives renforceront les relations économiques entre les deux pays.
Au cours de sa rencontre avec le président turkmène Gurbanguly Berdymuhamedov, M. Modi a appelé à la construction rapide du pipeline Turkménistan-Afghanistan-Pakistan-Inde, devant acheminer 33 milliards de m3 de gaz naturel par an depuis le Turkménistan vers l’Asie du Sud, dont 41 millions de m3 par jour en Inde. Ce gazoduc sera le deuxième au monde en largeur.

Entrer dans l’âge industriel

Infrastructures, recherche de pointe, hautes technologies étaient aussi au menu d’Oufa. Lors du Business Council des BRICS, le dirigeant des chemins de fer russes et proche collaborateur de Poutine, Vladimir Iakounine, a précisé :
La question n’est pas juste de construire des infrastructures – chemins de fer, routes et infrastructure énergétique – mais de créer des plateformes économiques étendues, avec la participation d’institutions financières et manufacturières internationales.
Le vice-premier ministre russe Dmitri Rogozine a annoncé le 6 juillet que la Russie et la Chine s’apprêtent à renforcer leur coopération spatiale. Suite aux tensions avec les États-Unis, les Russes ont en effet réorienté leur collaboration vers la Chine pour en faire leur principal partenaire. Celle-ci s’équipera désormais en moteurs-fusées RD 180 russes pour son programme lunaire, en échange de quoi elle livrera de l’électronique de pointe aux Russes, moins chère que celle achetée aux États-Unis. Le Sommet de la jeunesse des BRICS fut aussi un point fort de ces journées. Un mémorandum a été signé en vue de construire une station spatiale pour explorer l’espace lointain et faire des programmes spatiaux habités le symbole des valeurs que les BRICS veulent imprimer au nouvel ordre économique qu’ils construisent. A Oufa, en effet, l’air était bien plus respirable qu’en Europe où un nouveau Traité de Versailles a été imposé à la Grèce. Battons-nous pour rejoindre au plus vite la dynamique des BRICS.

lundi 13 juillet 2015

La pétition de l’Institut Schiller s’invite aux sommets des BRICS et de l’OCS à Oufa

lundi 13 juillet 2015

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Crédit : Reuters
A la veille des sommets des BRICS et de l’Organisation de la coopération de Shanghai (OCS) tenus à Oufa, en Russie, du 9 au 11 juillet, les auditeurs de Sputnik Radio ont pu prendre connaissance de la campagne internationale menée par l’Institut Schiller pour que les États-Unis et l’Europe abandonnent la géopolitique de la guerre et collaborent avec les BRICS et l’OCS pour un nouvel ordre économique plus juste. C’était au cours de l’émission quotidienne en langue française de Xenia Loukianova et Boris Taton du 7 juillet, qui a aussi donné la parole à Helga Zepp-LaRouche et àJacques Cheminade. Pourquoi ces deux sommets à Oufa ?
La capitale de la Bachkirie, Oufa, est un grand centre industriel, scientifique et culturel de l’Oural du sud. C’est le nœud principal des transports qui relie la partie dite européenne de la Russie à l’Oural et à la Sibérie. La ville se situe à la croisée des routes commerciales de l’époque qui réunissaient les principales villes de l’Asie centrale, de la Sibérie et de la région de la Volga. Et ce n’est pas pour rien qu’on a choisi cette ville de Oufa pour accueillir ces sommets. C’est un lieu vraiment symbolique qui incarne une collaboration historique étroite entre les régions de l’Asie et de la Russie.
Selon Viktoria Isaeva, la correspondante de Sputnik sur place, la Russie, en tant que présidente des BRICS en 2015, a déjà élaboré une stratégie de développement des BRICS jusqu’en 2025, une feuille de route pour renforcer le rôle du groupe sur la scène mondiale. La Russie et d’autres membres des BRICS et de l’OCS veulent« changer radicalement l’économie », a-t-elle expliqué. Mais doit-on nécessairement opposer les BRICS aux Etats-Unis et à l’Europe ?
Eh bien, pour le Ministre conseiller de l’ambassade de Russie en France,Leonid Kadyshev, les BRICS sont un symbole du monde multipolaire en formation. Il a développé cette idée lors d’une conférence qui s’intitulait ‘Rebâtir le monde à l’ère des BRICS‘, qui s’est déroulée en juin à Paris, organisée par l’Institut Schiller, qui est également à l’origine d’une pétition qui appelle les États-Unis et l’Europe à collaborer avec les BRICS. Loin de vouloir cultiver cette vision du monde divisé et opposé aux autres, la pétition qui a déjà réuni 2000 signatures a pour objectif de sensibiliser la population à l’attitude du ‘système transatlantique’ vis-à-vis des pays des BRICS et prône l’idée d’une collaboration bénéfique entre tous les États, qui dépasserait les obstacles géopolitiques.
Revenant sur les récentes déclarations de Mme Helga Zepp-LaRouche, présidente de l’Institut, à Sputnik, l’émission s’est terminée sur une courte interview de Jacques Cheminade, l’un des premiers signataires de la pétition de l’Institut Schiller, président de Solidarité & Progrès et ami politique de longue date de Mme LaRouche.
Le Premier ministre indien, Narendra Modi, a parlé des BRICS comme étant une alliance pour le développement, a dit Jacques Cheminade. Mais, pour l’instant les pays occidentaux ne sont pas pour le développement. Ils ne réussissent pas à le faire dans leur propre zone, en Europe ou aux Etats-Unis. La zone transatlantique est donc incapable d’assurer pour elle-même ce que les BRICS veulent faire chez eux. Parce que la région transatlantique est dominée par les grandes banques – ce que j’avais appelé, dans une campagne présidentielle en France, le monde de la City et de Wall Street. Et ce monde-là détourne l’argent vers le court terme, vers la spéculation financière, et il ne va pas aux grands projets, à une vision de grand dessein à long terme. Alors que les BRICS, au contraire, ont une vision inclusive – ce terme revient dans tous leurs documents – qui n’est autre que le développement mutuel. Nous devons changer l’orientation de l’Europe pour aller dans cette direction.
Il faut arrêter aussi le système des sanctions contre la Russie, a dit Cheminade, qui est tout à fait contreproductif puisqu’il va contre nous-mêmes, et mettre fin aux révolutions de couleur, menées sous prétexte de « responsabilité de protéger ». A la question de savoir si une collaboration entre les BRICS et les pays occidentaux est possible, dans les nombreux domaines où elle existe déjà entre les membres des BRICS eux-mêmes (infrastructures, science, technologies de l’industrie spatiale), ou avec la Chine qui va construire des milliers de ponts, de routes, de chemins de fers, avec sa Nouvelle route de la soie, Cheminade a répondu qu’« elle est non seulement possible, mais nécessaire et que dans certains domaines elle a déjà commencé tout doucement. Une collaboration existe entre la France et la Chine sur la fusion thermonucléaire contrôlée, des collaborations entre des intérêts allemands et chinois existent au niveau des équipements, et il y a beaucoup de gens à la NASA, aux États-Unis, qui voudraient collaborer avec la Chine et la Russie. Ce sont des gens qui n’ont pas la même vision que le régime Obama-Bush, celle des présidents américains qui servent Wall Street à la place de servir leur peuple.
C’est la conception de l’homme qui est en jeu. Soit l’homme est un créateur, qui assure son avenir par ses découvertes, ses connaissances ; soit c’est un prédateur, ce qui est malheureusement notre cas aujourd’hui dans nos pays dits occidentaux. Dans la zone transatlantique, l’homme est vu par rapport au pouvoir qu’il peut exercer sur les autres, ou par rapport à sa puissance financière. La Grèce a réussi, je pense, à créer les bases pour se libérer de cela. Je crois qu’on doit s’engager dans la brèche qu’elle nous a ouverte.
LIRE ET SIGNER LA PÉTITION DE L’INSTITUT SCHILLER :
« L’Europe et les Etats-Unis doivent abandonner leur approche géopolitique et coopérer avec les BRICS ! »
http://www.solidariteetprogres.org/actualites-001/la-petition-de-l-institut-schiller.html
 

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